Story-time #2 : Un doux retour aux saveurs amères by 3wildsoul

Après un premier retour en tant que touriste, une décision s’impose.

Du coup, en 2019, j’ai choisi d’écrire un nouveau chapitre dans ma vie.
Un retour à durée indéterminée. J’ai décidé de revenir, malgré mes 1000 et une interrogations,
craintes et appréhensions. Ce retour m’a offert une renaissance. Comme l’œuf qui devient chenille, et qui finit métamorphosé en papillon, j’ai choisi de déployer mes ailes au pays, sans pour autant me fermer au monde.

J’ai décidé, de prendre le temps de voir fleurir les rides sur le visage de mes proches,
De prendre le temps d’observer cette Nature qui m’avait tant manqué,
De prendre le temps de saluer les inconnus croisé dans la rue avec un grand sourire,
De prendre le temps de danser et de vibrer au rythme de la musique made in 971.
Bref, j’ai décidé de prendre le temps de vivre !

Ici, mon cœur est apaisé, mais mon esprit est angoissé.


J’ai peur d’avoir des problèmes de santé, et de ne pas prise en charge correctement à l’hôpital.
J’ai peur quand j’ouvre le robinet et que l’eau ne coule pas, que cela puisse durer plus d’une semaine.
J’ai peur pour mes proches qui postulent à un poste, constater la déception sur son visage car le
poste à été donné à des étrangers, les voir obligés de quitter l’île pour faire valoir leur compétences m’angoisse.
J’ai même peur quand je vais au marché de fruits, de légumes ou de poissons, de m’empoisonner de trop au chloredécone.

Évidemment, je consomme locale, mais j’y pense…

Cela dit, on critique souvent la jeunesse, mais je peux t’assurer que mon île est un vivier d’excellence et une terre d’innovation.

À défaut de me remplir d’amertume, je redécouvre avec fierté tous nos atouts, et je sais que ma présence même toute petite, apporte un de plus pour l’avenir.

On excelle aussi dans la résilience par la force des choses, mais j’ai hâte que l’on puisse atteindre le stade de coping proactif et d’empowerment.

J’ai aussi hâte de faire valoir mon identité de caribéenne, en tissant de vrais liens avec nos voisins,
nos frères de la Caraïbe.

Une chose est sûre, je ne regrette pas mon retour.

Et si toi qui me lis, penses à rentrer au pays même pour quelques mois, sache que rien ne sera comme le pays où tu te trouves actuellement, c’est même une bonne chose. Comme tous les grands
déménagements, il y a du positif et du négatif. Mais tes compétences sont une plus value, ici, chez toi.

Et si ton cœur te demande de rentrer, exauce le, rentre. Même si tu repars, ne laisse pas ta
maison trop longtemps sans toi.