Le madras : un symbole culturel

« Adieu foulard, adieu madras, adieu grain d’or adieu collier chou… »

D’origine indienne, le madras est arrivé chez nous, aux Antilles, vers le 17 ème siècle. Ce textile a voyagé des milliers de kilomètres avant de d’incarner le symbole de créolité que nous lui connaissons.

Originaire de la ville de Madras en Inde (actuel Chennai)

Le madras est un véritable carrefour de culture. En effet, il est inspiré de l’imprimé écossais cependant la technique de tissage et les couleurs vives sont typiquement indienne. Il tire son nom du lieu d’où les tisserands le fabriquait.

On distingue différents teintes et deux textures de madras :

Premièrement, un madras luxueux fait avec du fils retors (100% coton) en provenance d’Angleterre. Sa texture légèrement en relief et ses multiples et vives couleurs étaient très chers.

Ensuite, le madras tissé avec de la fibre de bananiers séchés et teints ce qui lui donnait une odeur particulière. Cette fibre rendait le tissu brillant mais n’était pas suffisamment solide : il avait tendance à casser. Il était plus abordable que la version luxueuse mais les couleurs étaient pâles c’est pourquoi pour lui donner un peu d’éclat on procédait à un calandage. On peignait par dessus avec un mélange de gomme et des colorants naturels : du curcuma pour le jaune, de la cochenille pour le rouge ou encore de l’indigo pour la couleur bleu. Pour renforcer le fil de bananier les artisans ont eu l’idée de le mélanger avec du coton.

A partir du XVIIIe siècle, les Anglais qui avaient le monopole du commerce envoyèrent du coton en Inde en grande quantité et, la fabrication du madras se développa jusqu’en France, où les différentes colonies l’adoptèrent.

Utilisation du madras

De nos jours, le madras fait partie intégrante de la tenue traditionnelle et est un symbole créole. Mais pendant un temps le madras n’était utilisé que pour des cérémonies traditionnelles. Les hommes portaient des mouchoirs ou des chemises en madras tandis que les femmes portaient des coiffes, maré tèt, robes ou jupes assortis d’un jupon en dentelle blanche. Avez-vous une de ces tenues traditionnelles ?

Une tradition à sauvegarder

Le madras est en voie de disparition sur nos îles. En effet, entre son association à la colonisation, son hyper commercialisation touristique et le phénomène de mondialisation qui influence la mode, le madras est de moins en moins présent dans nos gardes-robes. Heureusement, de nombreux stylistes se sont donnés pour mission de sauvegarder ce patrimoine en le remettant au goût du jour. D’autre part, sa conception majoritairement en coton en fait un textile très utilisé en décoration. L’offre est de plus en plus variés sur les boutique en ligne tel que Afrikréa ou Etsy de manière à faire revivre ce tissu.

Création Karambòl lingerie

BONUS : la signification de la coiffe traditionnelle

Les couleurs vives du madras sont synonyme de joie. Avant le statut Facebook 😅 , le nombre de pointes dépassant de la coiffe traditionnelle constituaient un véritable code du langage amoureux.

Une pointe mon cœur est libre, deux pointes mon cœur est engagé, trois pointes je suis une femme mariée mon cœur  est pris  pour toujours, quatre pointes mon cœur est immense il y a de la place pour tous, tenter votre chance. C’est beau !

Le madras, est symbole de résilience, on se l’est approprié et il fait désormais parti de notre identité.

Alors, combien de pointes sur votre tête ?