PAROLES À GRAN MOUN : une Leçon de vie

Depuis ma discussion avec Man Nono, mon cœur est en émoi. Je me rends compte de la chance que j’ai eue et surtout je me demande surtout pourquoi je ne l’ai pas fait avant ?!  L’ occasion de parler avec une centenaire en grande forme n’est pas donnée à tout le monde. La grande dame m’a fait bigidi, tu n’imagines même pas à quel point…

Ma première rencontre avec elle, il y a un peu plus d’un an, fut plutôt furtive à son domicile. J’allais dans une fête familiale et elle était assise tranquillement sur une chaise dans sa cuisine lorsque je la salua. On échangea quelques bribes ensemble, la pluie et le beau temps rapidement car il y avait du monde. Elle me fit bien rire déjà vu que premyé biten kè I di mwen sé kê an KA samb Jéra (mon père) menm et que l’on ne  pouvait pas avoir de doute sur sa paternité ! Je continuais ensuite de l’observer pendant tout le déjeuner anba fey pour ne pas passer pour une grosse lèlè malélivé.

La rencontre officielle


Ensuite, Le covid est  arrivé sans klaxon et là il s’en est passé des choses comme tu le sais. Personnellement, je suis devenue mère en juillet dernier. Cet évènement a évidemment bouleversé ma vie et mon état d’esprit. Il y a eu aussi, encore récemment d’ailleurs, pas mal de tensions sociales populaires sur l’île. Elles soulèvent de nombreuses interrogations notamment chez moi.(tu peux avoir des détails sur mon état d’esprit ici) Tout ceci a eu pour incidence de conforter ma décision de m’investir encore plus pour le développement de l’archipel par des petites actions personnelles impactantes. La reconnexion avec les aînés fait parti du processus car c’est pour moi indissociable d’une évolution mâture. 


C’est justement là où j’en reviens à Man Nono et ce qui explique pourquoi je voulais absolument discuter avec elle ! Mes grands mères paternelle et maternelle sont décédées donc je n’ai plus ce lien direct, il fallait que j’aille le chercher. J’ai poté mannèv pour arriver dans son salon à ses côtés un début d’après midi avec ma fille et Pumpkin devant ses magnifiques portraits de famille anciens. 


Man Nono est une veuve de 103 ans, presque indépendante physiquement (juste une canne). Elle peut se coucher à 1h du matin si elle veut regarder un film. Madame boit du thé tous les jours et a une mémoire extraordinaire. Elle a 7 enfants et profite aussi d’une vingtaine de petits enfants au compteur. Pour cette première discussion, je tenais à avoir sa vision de la Guadeloupe et surtout de la Guadeloupéenne d’aujourd’hui. Pour moi c’est un devoir presque vu qu’ elle a été témoin de tant de bouleversements. 

Un échange riche de sens


Eh ben nou pa bon si nou ka kouté madanm la ! lol ! .

Selon elle, les valeurs respect et travail sont bafouées. Les jeunes, comme elle dit, se laissent vivre, il y a trop de fonctionnaires et on délaisse l’essentiel à savoir la terre et la famille. Il faut dire qu’à son époque, madame a connu la guerre et le départ des hommes qui ramenaient les sous. Il fallait remplir le frigo de la famille nombreuses sans assistanat. Alors elle a fait de la couture, vendu les légumes du Jaden, fait du troc etc. Bref i té o chawbon! Le principal pour elle étaient que ses enfants soient polis, bien nourris qu’elle puisse finir de construire leur toit pour assurer l’avenir.

D’ailleurs, L’éducation d’aujourd’hui avec le côté enfant roi par exemple ne lui plaît pas du tout. Sachant qu’en plus elle a vécu dans le monde sans avortement ni contraceptions. Eh oui à l’époque, les familles nombreuses étaient légions forcément donc fallait tenir le guidon bien droit.


Bref, pour elle, la modernité a du bon, cependant elle trouve que cela rend la vie sur l’île vraiment superficielle, ce qui est très dommage.

Bon, je ne vais pas te relater toute la discussion magique que j’ai eue avec Man Nono parce que nou ké la dèmen toujou. J’ai néanmoins constaté qu’elle était contente de discuter avec nous et que l’on s’intéresse à elle de manière bienveillante. C’était une transmission dans les 2 sens en plus! Attention, Man Nono m’a aussi posé des questions sans jugement sur ma vie. J’espère avoir d’autres échanges avec elle parce que ça nous a fait du bien mutuellement. 

Restons sur l’essentiel


Je pense que son âge t’a surpris tout autant que moi. Avoues que tu t’es sûrement dit « ki Jan madanm la vivan toujou ? ». Je ne crois pas en l’ingrédient secret mais je suis persuadée que son mode de vie n’y est pas pour rien. Notamment sa consommation quasi exclusive des produits du terroir local, sa consommation de té péyi régulière ainsi que ses soins naturels grâce aux plantes de notre pharmacopée (PHYTOBOKAZ woulé si yo ! Dédicace ). 


Si tu veux, revenir aux « racines » naturelles, sois tu plantes ou sinon comme moi, tu t’adresses aux professionnels. Tu peux recupérer chez FILAWO des produits 100% locaux sains tels que des huiles, poudres et feuilles séchées soti Jaden pour infusion. La PEPINIERE PERMAL t’accueille également pour te procurer des plantes médicinales ou aromatiques. Sinon, tu t’informes en mode 2.0 avec l’application PAWOKA pour savoir comment utiliser les pépites à ta disposition dans la nature. 


Evidemment, fais signe en commentaire si tu aimes aussi discuter avec les anciens et n’hésites pas à partager un de leurs « secrets ». Sé Yonn a lot. On est là pour échanger , si tu le veux bien. 


A plita moun an mwen !


La blablatez